Le voile islamique : Ajouté le 14/5/2008 à 10:44
Le
voile avant l'Islam
Le voile apparaît plusieurs fois dans la Bible, ce qui prouve que
le voile existait déjà avant l'avénement de l'Islam.
Bible, Genèse, chapitre 29, verset 25 (traduction Louis
Segond) :
25. Le lendemain matin, voilà que c'était Léa. Alors
Jacob dit à Laban : Qu'est-ce que tu m'as fait ? N'est-ce pas pour
Rachel que j'ai servi chez toi ? Pourquoi m'as-tu trompé ?
Pour Odon Vallet, ce passage montre que Jacob n'a pu reconnaître
la femme qui lui était donnée car son visage était
voilé.
Bible, Nouveau Testament, Première épître
de Paul aux Corinthiens, chapitre 11, verset 17 (traduction Louis Segond)
:
7. L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image
et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme.
8. En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme,
mais la femme a été tirée de l'homme ;
9. et l'homme n'a pas été créé à cause
de la femme, mais la femme a été créée à
cause de l'homme.
10. C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur
la tête une marque de l'autorité dont elle dépend.
11. Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni
l'homme sans la femme.
12. Car, de même que la femme a été tirée de
l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.
13. Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu
sans être voilée ?
14. La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une
honte pour l'homme de porter de longs cheveux,
15. mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la
chevelure lui a été donnée comme voile ?
D'autre part, d'après Odon Vallet, l'obligation de porter le voile
pour les filles d'hommes libres et l'interdiction de la porter pour les
prostituées est présente dans des lois assyriennes attribuées
à Teglath-Phalasar 1er (v. 1000 avant Jésus-Christ).
Sources principales : Odon Vallet, dans un article pour
le magazine Le monde des religions n°13, septembre-octobre
2005.
Les
différents types de voiles islamiques
Il existe beaucoup de sortes de voiles en fonctions des pays, des traditions,
etc. En voici quelques-uns :
Le hidjab, est le voile qui couvre les cheveux. On le
trouve entre autre dans les pays du Maghreb.
Le tchador couvre tout le corps, de la tête aux
pieds. Il cache également le visage, la vue ne se fait que part
une sorte de grille devant les yeux.
Le niqab, est un voile léger, posé sur
le nez, qui ne dissimule que la partie inférieure du visage.
Ce
que dit le Coran sur le voile islamique
Aujourd'hui, la position des religieux sur le port du voile pour toutes
les femmes musulmanes n'est pas figée. Le débat porte sur
deux points. D'une part il s'agit de savoir qui précisément
cette phrase désigne, et d'autre part s'il s'agit d'un conseil
ou d'une obligation.
Coran, Sourate 33 :
Traduction de Kasimirski :
57. 0 Prophète ! prescris à tes épouses, à tes filles
et aux femmes des croyants d'abaisser un voile sur leur visage. Il sera
la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes. Dieu
est indulgent et miséricordieux.
Traduction de Jacques Berque :
59. Prophète, Dis à tes épouses,
à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leur mantes
: sûr moyen d'être reconnues (pour des dames) et d'échapper
à toute offense
- Dieu est Tout indulgence, Miséricordieux.
Jacques Berque ajoute cette note : Le port du voile distingue la femme
libre (hurra), des femmes de condition inférieure. Plusieurs
façons de porter le voile sont indiquées par Tabarî,
t. XXII, p. 33, l. 7 sq. On a suivi pour yudnina l'interprétation
minimale de Tâhir b. `Ashûr, "revêtent", qui
se fonde sur un emploi de Bashshâr. Selon une autre interprétation,
plus restrictive, et que pourrait autoriser le min, il faudrait
comprendre : "Elles tiennent serré sur elles un pan de leur
manrte" ce qui semble à Ibn Khatir et à ses successeurs
rigoristes imposer que soit couvert le visage. Linguistiquement, julbâb,
"mante, cape", se distingue de khimâr, XXIV,
31, "fichu couvrant la tête".
Hamza Boubakeur utilise dans sa traduction : "ramenez
leur voile sur elles".
Coran, Sourate 24 :
Traduction de Kasimirski :
31. Commande aux femmes qui croient de baisser leurs
yeux et d'être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui
est en évidence, de couvrir leurs seins de voile, de ne faire voir leurs
ornements qu'à leurs maris ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris,
à leurs fils ou aux fils de leurs maris, à leurs frères ou aux fils de
frères, aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes de ceux-ci, ou à leurs
esclaves acquêts de leurs mains droites, ou aux domestiques mâles qui
n'ont point besoin de femmes, ou aux enfants qui ne distinguent pas encore
les parties sexuelles d'une femme. Que les femmes n'agitent point les
pieds de manière à faire voir les ornements cachés. Tournez vos cœurs
vers Dieu, afin que vous soyez heureux.
Traduction de Jacques Berque :
31. Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir
leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce
qui en émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures
de leurs vêtements. Elles ne laisseront voir leurs agréments
qu'à leur mari, à leurs enfants, à leurs pères,
beaux-pères, fils, beaux-fils, neveux de frères et de soeurs,
aux femmes (de leur communauté), à leurs captives, à
leurs dépendants hommes incapables de l'acte, ou garçons
encore ignorant de l'intimité des femmes. Qu'elles ne piaffent
pas pour révéler ce qu'elles cachent de leurs agréments.
Jacques Berque ajoute cette note : "Leurs agréments"
: le mot est à entendre non seulement des parures mais des appas
corporels. On a renoncé à traduire une suite de 25 pronoms
au féminin pluriel. A qui note dans le Coran le caractère
personnaliste de ce pronom affixe, la répétition s'avère
significative. Le législateur parait ici soucieux de ménager
à la femme ce qui fait partie de sa personnalité, en évitant
seulement l'exhibition provocante. Si cela est vrai, on est loin des interprétations
extensives de la coutume juridique.
Sur les femmes âgées :
Coran, Sourate 24 (traduction de Kasimirski) :
59. Les femmes qui n'enfantent plus, et qui n'espèrent
plus pouvoir se marier, peuvent, sans inconvénient, ôter leurs vêtements,
sans cependant montrer leurs ornements ; mais si elles s'en abstiennent,
cela vaudra mieux. Dieu entend et sait tout.
Le
cas de la France
La France et la loi
du 15 mars 2004
Après une importante consultation menée par Bernard Stasi,
le 15 mars 2004, la France a voté une loi interdisant tout port
de signe religieux dans les écoles, collèges et lycées.
(voir le texte
de loi)
Auparavant, aucune loi ne fixait de cadre aussi rigide, il existait seulement
une jurisprudence du Conseil d'Etat. Mais rien n'empêchait un chef
d'établissement de laisser entrer des élèves voilées.
La "loi du 15 mars" ne permet plus cette souplesse.
Les
positions des institutions musulmanes de France
(voir la page des institutions
musulmanes)
Le Conseil
Français du Culte Musulman CFCM ne s'est pas prononcé
clairement sur la loi du 15 mars ni sur l'interprétation qu'il
faut faire des versets du Coran. Une commission devrait être créée
pour répondre à la question de l'interprétation du
Coran.
La Grande Mosquée de Paris GMP, ainsi que le Comité de
coordination des musulmans turcs de France CCMTF et la Fédération
française des Associations islamiques d’Afrique, des Comores
et des Antilles FFAIACA ont demandé aux élèves de
retirer leur voile ostensible.
L'Union
des Organisations Islamiques de France UOIF était
d'abord favorable à la loi (fin 2003) mais a finalement écrit
une lettre aux musulmans de France les invitant à se présenter
à l'école dans la tenue de leur choix, Fouad
Alaoui qualifiant cette loi d'inopportune.
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